Éviter de jeter les déchets organiques

Pour chaque famille et en fonction de votre logement, il existe une solution. À vous de choisir !

Epluchures de légumes, herbes issues des tontes, marc de café, restes de repas, etc., tous ces éléments sont des déchets organiques qui ne devraient pas se retrouver dans vos poubelles. Majoritairement composés d’eau, ces déchets représentent 30 % de nos poubelles et coûtent cher à être traités (incinérés ou enfouis) alors qu’ils pourraient être facilement valorisés chez vous ! 

A. Comment ça marche

L’exemple vient de la nature où, depuis toujours, la matière organique (feuilles, déjections animales, etc.) est continuellement valorisée. Une fois au sol, toute cette matière est décomposée par des micro-organismes et devient de l'humus, qui contribue à la croissance des plantes. Le compostage à la maison part du même principe. Vos déchets organiques (épluchures de légumes, restes alimentaires, tontes, etc.) sont valorisés en engrais naturel : le compost. Le processus de compostage est assez lent, il faut compter 6 à 18 mois pour récolter votre compost. Grâce au compostage, vous pouvez :

  •  valoriser les matières biodégradables,
  •  réduire vos déchets et donc le poids de vos poubelles,
  •  enrichir la terre de votre jardin.

B. Quels déchets composter ?

Tous les déchets organiques peuvent être compostés. Cependant, quelques déchets se dégradent plus difficilement :

  • Les déchets durs (branchages, os, noyaux, coquilles, trognons de choux...) sont très longs à composter, il est préférable de ne pas trop en mettre dans votre composteur, ou de les broyer avant.
  • La viande, le poisson et les matières grasses (sauces, huiles, …) sont compostables, mais attention, ils peuvent attirer les rongeurs et petits animaux.
  • Les litières d’animaux : d’une manière générale, il vaut mieux composter à part les litières même si elles sont biodégradables
  • Les coquillages et les coquilles d'œufs ne se décomposent pas mais, écrasés, ils apportent des éléments minéraux et facilitent  l'aération du compost.
  • Le papier glacé et le carton coloré sont à éviter.
C. Les déchets à ne pas composter

 

  • Les matériaux qui ne sont pas biodégradables : plastiques, tissus synthétiques, etc.
  • Le verre et les métaux
  • Les bois traités chimiquement (bois exotiques et bois de charpente)

 

D. Où composter ?

Les déchets doivent être déposés à même le sol, pour faciliter la colonisation par les vers, les insectes... Le tas sera placé ni trop près ni trop loin de votre maison, pour combiner facilité d'accès et agrément. Un endroit caché, à mi-ombre et à l'abri du vent sera l'idéal.

Ce qu'il ne faut pas faire :

  • le placer juste en limite de propriété : vos voisins risquent de ne pas apprécier la vision de votre compost
  • le mettre dans un creux : l'eau pourrait s'y accumuler.
D. Les grands principes du compostage

Alterner : les déchets secs « carbonés » (brindilles, feuilles mortes, papier, carton...) avec les déchets humides « azotés » (tontes fraîches, restes de repas, épluchures...). Les déchets sec se décomposent  lentement et constituent une source d’énergie pour les décomposeurs. Les seconds se dégradent rapidement et apportent eau et nourriture aux micro-organismes. Le rapport entre carbone/azote doit être de 20/30. Aérer : il faut retourner, brasser votre compost pour permettre à l'air de circuler et oxygéner les micro-organismes. Cela permettra aussi de mélanger les matériaux et redémarrera le processus biologique. Un manque d'air freine la décomposition et peut devenir source de mauvaises odeurs. Surveiller l'humidité :  Elle doit être autour de 50% et 60%. En cas de dessèchement, les micro-organismes meurent et le processus s'arrête, il faut arroser le tas et/ou apporter des déchets humides. En cas d'humidité excessive, la température du tas baisse et freine la décomposition, il faut ajouter des matières sèches (sciure, feuilles mortes...).

D. Que faire de mon compost ?

Mais tout d’abord, comment reconnaître un compost mûr ? Il y a 3 caractéristiques qui ne trompent pas.
La couleur : un compost mûr à une couleur sombre, brun ou noir selon les matières organiques utilisées. L'odeur : un compost mûr doit avoir l'odeur des sous-bois.  Si vous reconnaissez une odeur de légume : chou, de pomme de terre etc., attendez encore avant de le récolter. L'apparence : son aspect doit être homogène. Si vous arrivez encore à identifier des déchets de départ (bouts de feuilles, morceaux d'épluchures, etc.), dans votre compost, c'est que tout n'a pas été dégradé. Utilisez votre compost dans votre jardin ! En effet, le compost fertilise la terre :

  • Enrichit le sol et stimule la croissance des plantes
  • Protège la terre de la sécheresse en été et du gel en hiver
  • Aère le sol et facilite ainsi le travail de la terre
  • Augmente la capacité de rétention d'eau du sol et réduit le lessivage par la pluie
A. Le compostage en tas

Il s’agit de regrouper les déchets directement sur le sol afin de former un tas d'une hauteur variable.

Avantages :

  •  Pas de contrainte de volume.
  •  Déchets accessibles et visibles. Vous les surveillez en toute facilité.
  •  Manque d'arrosage compensé par les pluies périodiques.
  •  Aération naturelle souvent importante,  limite les risques d'asphyxie.
  •  Évaporation aisée, aide à combattre l'excès d'eau. Le compostage en tas convient à ceux qui disposent de place et n'ont pas beaucoup de temps à consacrer au compostage.

Inconvénients :

  •  Tas accessible aux animaux qui peuvent éventuellement être attirés par les restes de repas.
  •  Tas exposé aux aléas climatiques, (précipitations, vent, sécheresse, froid), qui ont pour conséquence de rendre le processus irrégulier.
  •  Le compostage est plus long.

B. Le compostage en bac

Un composteur est un système de bac en bois ou en plastique qui contient un volume défini (400 litres par exemple) de déchets et limite l'assèchement ou le refroidissement. Il peut être plus ou moins ouvert sur l'extérieur.

Avantages :

  • Déchets à l'abri des aléas climatiques, ce qui assure une décomposition homogène pour l'ensemble de la masse.
  • Déchets hors de portée des animaux.
  • Le compostage est plus rapide. Un composteur vous permet de fabriquer votre compost même si vous ne disposez que de peu de place.

Inconvénients :

  • Convient pour les petits volumes.
  • Nécessite plus de temps pour un bon  fonctionnement. Il faut le surveiller pour éviter ses dérives (sécheresse, pourrissement...).
  • Brassage moins aisé dans un composteur..
C. Où trouver un composteur ?

Votre communauté de communes ou d’agglomération, responsable de la collecte de vos ordures ménagères, vous propose d’acheter des composteurs à prix réduit. En bois ou en plastique recyclé, vous pouvez également choisir la taille de votre composteur. La collectivité vous proposera également une formation pour apprendre à monter votre composteur et faire votre compost à la maison.

Astuce : fabriquer son composteur. Vous pouvez très bien fabriquer vous-même votre composteur. Le plus simple est de fabriquer un bac en bois à base de planches ou de palettes. Vous trouverez facilement des plans ou des vidéos de démonstration sur Internet.

Véritables composteurs sur pattes, les poules vous permettront de valoriser vos déchets ménagers et ainsi de réduire le poids de vos poubelles. De plus, elles vous offriront des œufs frais tous les jours.

A. Élever des poules est simple, économique et aussi écologique

Elever quelques poules dans son jardin est simple et naturel. La poule est un animal peu exigeant, elle se contente d’un bout de jardin à parcourir et d’un abri pour dormir et pondre. L’idéal est de prévoir un enclos dans votre jardin pour maîtriser ses déplacements et éviter qu’elle ne picore vos fleurs.
Vous pouvez également leur construire un poulailler en comptant un espace d’au moins 20 m² pour qu’elles puissent picorer, gratter le sol et se dégourdir les pattes. Cela réduit d’autant l’espace du jardin à entretenir. Les poules se chargent de son entretien.
Enfin, les poules sont très peu sujettes aux maladies et faciles à nourrir.

B. Une nourriture très économique

L’alimentation des poules est en grande partie constituée de restes de repas et en moindre quantité, de déchets du jardin (tonte, taille).  
La quasi-totalité des déchets de notre alimentation peut servir à nourrir une poule : épluchures de fruits et de légumes, coquilles d’œuf mais aussi restes de repas (charcuterie, viande et poisson cuits, pain rassis, crudités ou légumes cuits). Les poules contribuent à la réduction du volume de nos poubelles.
Un complément d’alimentation doit être donné aux poules sous la forme de graines de céréales entières ou concassées (blé, maïs, pois…). C’est le cas en hiver où il y a moins de fruits et légumes à donner et pour les aider à lutter contre le froid.
Les poules trouvent un complément d’alimentation sur leur parcours. Elles s’y nourrissent de nombreux insectes, vers, herbes, graines, escargots et limaces.
Il est également conseillé de donner aux poules du gravier ou des grains de sable, cela les aide à broyer leur nourriture dans leur gésier avant la suite de la digestion.
Enfin, les poules doivent avoir de l’eau propre en permanence.

C. Les aliments à éviter

Certains aliments peuvent être toxiques pour les poules et certains ne seront pas mangés :
pommes de terre crues, épluchures d’oignons, de bananes, d’agrumes, de kiwis et de pommes de terre crues, feuilles de poireaux crues, trognons de choux, céleri, os, fruits et pain moisis. Enfin, l’orge est déconseillée car la glumelle qui enveloppe la graine est piquante et peut les blesser. 

Astuces :
Pour faire pondre une poule à un endroit souhaité, il suffit de mettre un œuf (vrai ou faux) à  l’endroit précis où elle doit pondre.  
Astuce !
Les fientes de poules ont aussi leur utilité, elles peuvent être récupérées et être utilisées comme engrais naturel pour votre jardin !

Si vous n’avez pas de jardin, pas de panique ! vous aussi, vous pouvez composter grâce au lombricompostage. Qu’est ce que c’est ? Il s’agit de faire digérer vos déchets organiques par des vers de compost. Inodore et très pratique, un lombricomposteur prend très peu de place et vous permettra de récupérer du compost ou de l’engrais pour vos plantes.

A. Comment ça marche

Egalement appelé vermicomposteur, le lombricomposteur s'appuie sur les lombrics de compost qui vont digérer plusieurs fois la nourriture et la transformer petit à petit en compost. Ils vont aussi produire un engrais liquide appelé "thé" que l'on peut diluer dans l'eau et utiliser comme fertilisant liquide pour les plantes. Le lombricomposteur est constitué de plusieurs bacs que l’on empile les uns sur les autres. Ces bacs doivent être opaques pour conserver l'obscurité et troués (sauf le bac récupérateur du fond) afin de laisser passer les vers. On met nos déchets dans le bac du dessous puis, quand celui-ci est plein, on commence à remplir celui juste au-dessus, etc. Lorsque le bac d’en bas n'a plus de vers (c'est à dire qu'ils sont tous passés dans le 2e ou 3e bac) c'est que le compost est prêt ! On vide alors le bac le plus bas et on le replace par-dessus les autres. C'est un système rotatif. Le 1er bac (bac récupérateur) a un système de robinet qui permet de recueillir le "thé" des vers, un jus qui passe de bac en bac par percolation. Ce liquide est très riche en nutriments.

Reproduction des vers

Les vers se reproduisent et s'autorégulent en fonction de la quantité de nourriture apportée. Si votre lombricomposteur fonctionne bien, les vers ne tarderont pas à se multiplier afin de transformer vos déchets supplémentaires ! Un lombricomposteur peut rester environ un mois sans maintenance (pendant les vacances par exemple), il vous faudra préalablement apporter suffisamment de déchets avant de partir.

B. Quelle nourriture ?

Les vers mangent les déchets organiques :

  • épluchures et restes de fruits et légumes crus et cuits
  • végétaux (herbes, fleurs, etc)
  • feuilles et sachets de thé, marc de café avec les filtres
  • poussière, cheveux et poils, ongles
  • carton et papier (attention à ne pas mettre trop de papier encré, nocif pour les vers)
  • mouchoirs en papier et essuie-tout
  • coquilles d'œufs
  • fibre de coton
  • éventuellement des granulés pour vers pour qu'ils restent en pleine forme
  • (…) 

  Astuce ! Afin d'obtenir un résultat plus rapidement, coupez les aliments en petits morceaux !

C. Les aliments à éviter

  • viande et poisson,
  • litière de chat et chien,
  • agrumes,
  • ail et oignon,
  • matière grasse et plat en sauce contenant des matières grasses,
  • produits laitiers.

D. Que faire de du compost et du "thé" ?

Le compost fourni par les vers ainsi que le "thé" recueilli sont d'excellents fertilisants pour les plantes ! Vous pouvez les utiliser pour vos plantes intérieures ou les donner à vos voisins. Pour le "thé", il suffit de le diluer dans de l'eau (10% de thé et le reste en eau) car il est très concentré. Il se conserve très bien et constitue un parfait engrais liquide pour vos plantes !

Le paillage est un élément de base du jardinage raisonné. Facile à mettre en place et économique, le paillage vous permet en plus de recycler vos déchets verts (tontes et tailles).

A. Le paillage, comment ça marche

Les jardiniers ont recours au paillage pour éviter de laisser la terre à nu. Cela consiste tout simplement à recouvrir le sol d’une couche de matériaux organiques ou minéraux pour le nourrir et le protéger. Cette couche de matériaux est déposée au pied des plantes et arbustes et dans les massifs. Vous pouvez utiliser le paillage partout dans votre jardin : potager, verger, arbustes,   massifs de plantes, etc. Vous pouvez également pailler vos plantes en pot et vos jardinières ! Le paillage doit être étalé en une couche épaisse (10 cm) sur la terre nue pour empêcher l’évaporation et garder l’humidité dans le sol.

Les avantages du paillage :

  • Il retient l’humidité du sol en été, vous limitez ainsi les arrosages ;
  • Il protège le sol du vent et des pluies battantes et limite donc l’érosion et le tassement de la terre des sols argileux ;
  • Il limite le développement des mauvaises herbes, vous limitez ainsi l’utilisation de désherbant chimique ;
  • Il protège du froid en hiver ;
  • Il améliore la structure du sol, et le fertilise grâce à l’humus qui se crée ; 
  • Il favorise la vie dans le sol car il sert de refuge aux insectes utiles ; 
  • Il conserve les fruits et légumes propres en évitant le contact direct avec la terre.


Le paillis organique

Il est composé uniquement d'éléments végétaux (herbes de tontes, tailles de haies, d’arbres, écorces, branches passées au broyeur, etc.). Leur dégradation en humus est plus ou moins rapide car elle dépend des éléments que vous avez apportés. On peut compter quelques semaines pour des tontes de gazon et quelques années pour des copeaux de bois. Les paillis à longue durée de vie comme les copeaux de bois, les écorces de pin, etc. sont à utiliser principalement pour les plantes pérennes (arbres, arbustes, massifs de vivaces). Les paillis à durée de vie plus courte comme les tontes de gazon, les feuilles mortes, etc., sont utilisables sur tout type de végétaux. Ils sont très intéressants pour les plantes avec un cycle de vie court car ils s'incorporent rapidement dans la terre.

A éviter : les aiguilles de pins et les feuilles des arbustes persistants et des thuyas car elles se dégradent difficilement. les écorces de pin car elles acidifient le sol.  

Astuce : Vous pouvez conserver vos coques de noix, noisettes et tous les fruits à coques en général et les utiliser dans votre paillage.

B. Qu’est ce que le mulching ?

La technique du « mulching » qui signifie paillage en anglais est aussi un moyen de fertiliser naturellement votre jardin ! La tondeuse mulcheuse coupe l’herbe en fines particules qui sont redéposées sur la pelouse. Plus besoin de sac à herbe, un bon mulching ne se voit pas. Le profil de la lame de la tondeuse est spécialement étudié  pour permettre ce hachage. La forme du carter est  aussi étudiée pour que l’herbe soit coupée plusieurs fois jusqu’à ce qu’elle soit finement hachée, elles est ensuite « soufflée » dans la zone de hachage. Les tout petits brins d’herbe ainsi rejetés vont se décomposer sur le sol et  former un  humus naturel qui viendra fertiliser votre pelouse !

Les avantages du mulching :

    • Fertilise naturellement votre pelouse ;
    • Lutte contre les mauvaises herbes ;
    • Protège le sol, limite l’évaporation de l’eau et garde le sol humide plus longtemps
    • De plus, vous n’avez plus besoin de ramasser l’herbe.

Attention :

  • Le mulching peut entraîner  une hausse de la population d’escargots et de limaces, particulièrement si le temps est humide ;
  •  Il est nécessaire de tondre régulièrement, 1 ou 2 fois par semaine car le mulching ne fonctionne pas sur l’herbe haute ;
  • Le mulching fonctionne moins bien lorsque l’herbe est humide ;
  • Après chaque utilisation, il faut entretenir le carter de coupe.

Astuce ! Il existe des kits mulching à adapter sur la tondeuse. Ils se composent d’un déflecteur et parfois d’une lame spéciale qui peut être munie de 4 couteaux.